La dissertation est a priori le seul exercice théorique (et non pratique) que les étudiants en droit français ont à appréhender. C’est un exercice périlleux pour celui qui croit qu’il ne s’agit que de « recracher » son cours. En effet, comme tout exercice juridique, la dissertation répond à des règles qu’il convient de respecter rigoureusement ….

Nous distinguons cinq moments importants et successifs pour la rédaction d’un tel travail :

1) DU TRAVAIL PREPARATOIRE :

– D’abord il faut encore et toujours avoir appris son cours (eh oui !) pour pouvoir se livrer à un tel exercice ….
–  Ensuite il faut s’adonner à une lecture mots à mots du sujet : offrir une explication de chaque terme (définition) ; même si le terme paraît évident c’est pour être sûr de ne rien oublier ; attention aux mots de coordination comme « ET » dans un sujet … ils ont une importance considérable.
–  Dans l’énoncé du sujet, accordez une importance à la ponctuation : est-ce une question ? une négation ? une interro-négation ? une affirmation ?
–  Par la suite, vous devez recenser vos connaissances puis les répartir en deux ou trois « blocs »
–  Alors, essayez d’énoncer et de dégager une problématique à l’aide du sujet et des éléments que vous avez rassemblés
–  Enfin, comme dans chaque exercice juridique, vous devez trouver l’INTERET d’un tel travail (actualité, force contentieuse, revirement, importance d’une notion dans le droit et le droit administratif notamment) …

2) L’ELABORATION du PLAN :

– En théorie vos idées directrices principales vont former les titres de vos deux ou trois parties
– Le plan doit toujours se DEDUIRE de la problématique : il ne faut jamais par exemple qu’un intitulé reprenne le sujet complet sinon c’est un hors sujet ; pas de TITRES LONGS : ils doivent percuter et être très clairs ;
– Il n’EXISTE PAS de PLAN TYPE : préférez un plan personnel à un plan prémaché de type (principe, exceptions ; fondement/portée ; cause/conséquence ; nature/régime ; notion/mise en œuvre etc.)

En outre, un plan – en Droit – n’est pas nécessairement composé …. de deux parties contrairement à ce que d’aucuns enseignent …

3) L’ELABORATION de l’INTRODUCTION :

–  Elle représente quasiment une partie en soi ; c’est sur elle que tout se juge ! Utilisez alors la technique classique dite de « l’ENTONNOIR » :
–  Il faut partir d’une perspective générale pour atteindre le sujet précis et concis : là encore (comme je l’ai fait pour le commentaire de décision juridictionnelle) je vous propose une façon mécanique de réussir a priori et facilement toute introduction sans ne rien omettre :

A) Accroche : Parlez du contexte général du sujet : actualité, importance juridique (éventuellement évolution historique du sujet)
B) Bornage : il s’agit de la définition des termes importants du sujet : isoler le sujet par rapport à d’autres qui pourraient être similaires
C) Chercher l’intérêt pratique du sujet (peut aller avec A)
D) Dégager la problématique du sujet
E) Exclusions (éventuelles) : questions mineures ou trop complexes !
F) Forward (annonce) du plan qui DOIT ETRE JUSTIFIE PAR TOUT CE QUI PRECEDE

4) ELABORATION du CORPS du devoir :

–  Notez l’importance des « chapeaux » ; celle des transitions ; et surtout …. de l’orthographe
–  Comme d’habitude, utilisez un stylo noir ou bleu ; pas ou peu d’abréviations ; la dissertation est un ENCHAINEMENT, une DEMONSTRATION : il faut abuser des mots de liaison et de coordination : alors, donc, c’est pourquoi, enfin etc.

5) ELABORATION d’une éventuelle CONCLUSION :

–  Elle doit être brève voire inexistante !
–  Evitez les répétitions
–  Préférez les ouvertures (ENTONNOIR) vers de nouvelles perspectives
–  Éventuellement vous pouvez poser une question …

Nota bene : Les présents conseils n’engagent que leur auteur ; ils sont à mon humble avis autant utilisables en droit privé qu’en droit public et ce en raison de l’Unité du Droit.