Cher Guy

Nous avons appris ce lundi 27 mai 2013 la disparition du professeur Guy Carcassonne qui fut pour toute une génération de publicistes un maître. Il fut en tout cas le nôtre. Au lendemain du concours qui nous agrégea, il nous avait réunis pour partager un premier repas entre collègues et amis. Il y a un mois, il était encore des nôtres à l’Université du Maine pour le colloque (« Le Parlement aux écrans ») et les « 24 heures du Droit » qu’il avait aidé à organiser. Pour ces raisons (et tant d’autres plus personnelles) nous avons tenu, ensemble, à rédiger un texte de témoignage. C’est aujourd’hui, aux côtés de sa famille et de ses proches, l’Université et ses acteurs qui sont endeuillés et se recueillent.

Pour le Collectif l’Unité du Droit & le laboratoire Themis-Um, MTD

Cher Guy,

Tu nous en as fait des surprises mais celle-ci n’était pas programmée. Et elle nous laisse abasourdis, hébétés de chagrin.

Tu nous as souvent demandé de te tutoyer, de t’appeler par ton prénom et aucun de nous n’y est parvenu réellement. Il a fallu que tu nous quittes pour que nous nous autorisions ainsi à t’interpeller, pour que nous fassions tomber cette ultime réserve.

Toi de qui nous avons tant appris, sur le droit, l’université et sur la vie tout court. Toi qui n’as eu de cesse de nous encourager et de nous accompagner dans notre parcours, de porter sur nous un regard bienveillant et confiant. Toi dont nous sollicitions toujours les conseils pour nous guider dans nos décisions. Toi dont nous redoutions le jugement exigeant, les critiques implacables, qui balayais nos atermoiements et nous exhortais à la vérité et à l’excellence.

Toi dont nous n’avons jamais été sûrs de mériter ni le soutien, ni encore moins l’amitié. Toi dont nous sommes si fiers d’avoir été les élèves.

Toi qui nous as enclin à ne pas rester dans le « toujours droit » chemin, à assumer nos choix et ce que nous sommes devenus. Toi qui nous as engagés à ne jamais nous nier, nous cacher derrière de faux prétextes ou nous laisser écraser sous le poids des institutions et des conformismes. Toi qui semblais ne rien redouter. Toi qui demeureras notre force.

Toi qui portais haut notre indépendance et as défendu sans relâche tes convictions. Toi dont nous garderons le souvenir éternel de ta voix grave, de tes scooters, de tes chaussettes dépareillées et de tes pochettes assorties, de tes volutes de cigares et de tes rires lumineux.

Combien tu vas nous manquer et combien nous regrettons déjà de ne pas t’avoir eu plus longtemps à nos côtés.

Merci, Guy. Nous aurions voulu ne jamais vous tutoyer.

Julie Benetti & Mathieu Touzeil-Divina

Se sont associés à l’hommage de la présente lettre nos collègues et amis :

M. Benlolo-Carabot, P. Bodeau-Livinec, J-Ph. Derosier, M. Mauguin-Helgeson, W. Mastor & C. de Nantois

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