Chronique d’un service public en déclin(s) : épisode 5 : Nique … Air ….

La scène se déroule dans une Université française et a priori fictive.
Comme chaque année – pour la 2nde session – l’enseignant se rend, le cœur joyeux et plein d’entrain, pour examiner les candidat(e)s qui auraient échoué à la première session d’examen.
L’année dernière il avait été particulièrement ébahi de la situation et pensait que cela ne pourrait pas être pire ….

Grossière erreur du presque débutant …
Cela peut toujours être pire !

Et nous n’en prendrons que trois exemples ou témoignages et ce, à travers l’administration universitaire, les étudiants convoqués et la sélection problématique de ces derniers.

1. Administrer, c’est …. encore ….. administrer ?

L’an passé l’enseignant avait déjà dû lutter mais là, il avait préparé son coup. S’attendant à recevoir seulement 1/4 des étudiants convoqués (les 3/4 ne daignant ni se montrer ni s’excuser de leur absence), il avait requis (pour 33 candidats théoriques) de ne venir qu’une journée (matin et après-midi)….Cela lui fut refusé : « on ne sait jamais vous savez, au cas où ils viendraient tous »….

Résultats ? L’enseignant parti tôt le matin pour arriver à la Faculté et eut la joie de constater que l’administration lui avait préparé deux jurys : un le matin et un autre le lendemain matin ….. ! Il était en effet impensable de mettre deux jurys en une journée ^^

Bref, la journée commençait bien

2. Etudiant, dian, dian …..

Arrivent les deux premiers candidats, ils passent leur examen à l’oral… puis … plus rien …. hé oui la journée était déjà terminée …. l’enseignant attendra néanmoins une heure et demie au cas où …. et en effet un(e) candidat(e) apparut à 11.00 bien que convoqué(e) à 09.30 … sans excuses … sans rien …. mais passons (nous nous sommes déjà exprimés sur cette question ici même).

Et quel candidat ! On l’appellera Chantal pour les besoins de l’histoire.

–  Chantal s’assoit. Elle demande à l’enseignant : « c’est bien l’oral ici ? »
–  l’enseignant-chercheur : « oui, absolument mais …. à quel oral pensez-vous participer ? »
–  Ch : « Euh ….. oui »
–  E-C : « Nous sommes ici en droit parlementaire ; est-ce bien l’oral que vous devez passer ? »
–  Ch. « Euh ….. oui …. voilà ma carte d’étudiant…. »
–  E-C : « Piochez un sujet au hasard je vous prie  »
–  Ch. tire le sujet  » les commissions mixtes paritaires » et dit « les commissions …. » « Euh …. » « Les commissions » … « Désolé je ne les ai pas faites (sic) ou apprises »…
–  E-C :  » Ce n’est pas grave, pouvez-vous me parler d’autre chose … par exemple du Sénat ? »
–  Ch : « le Sénat …. » « Euh …. » « Le Sénat ?  » … « Désolé je n’ai pas fait le Sénat « …
–  E-C (un peu désabusé) : « ok, de quoi pouvez-vous me parler ? »

–  un ange passe suivi d’une garnison …. angélique

–  E-C : « Bien, je vais vous donner une expression ; dites moi ce que vous voulez ou pouvez à son égard »
–  Ch.  » Oui »
–  E-C : « DROIT PARLEMENTAIRE »
–  Ch. : « Oui »
–  E-C : « DROIT PARLEMENTAIRE : que pouvez-vous me dire au pire sur l’un de ces mots ?  »
–  Ch :  » Parlement-AIRE ? Aire ? Hé bien l’air que nous respirons est indispensable à la vie …. » (…)

Que voulez-vous conclure à cela ?

3. De la sélection des Masters …

Personnellement j’en conclus que ce pauvre enseignant-chercheur est tombé sur une promotion de Masters dont la plupart sont bons et ont judicieusement été orientés et « naturellement » sélectionnés (tous ceux là ont d’ailleurs été reçus dès la session 1 car ce n’est pas en M1 que l’échec a logiquement lieu)….

En revanche tous – à quelques rares exceptions près – ceux qui sont arrivés en session de septembre ont le même profil : arrivés en M1 par équivalence (pour gonfler les statistiques des inscrits ?) ils ont un niveau qui va du pitoyable à l’inadmissible (là encore à quelques exceptions près).

Comment et pourquoi a-t-on admis en équivalence en M1 un étudiant qui ne connaît ni le Français ni les rudiments d’un étudiant de Licence 1 qui aurait eu droit à 3 cours de droit public et en connaitrait davantage ?

C’est abattre à coup de masse le service public de l’enseignement supérieur que d’admettre à ce niveau et par équivalence des étudiants qui ne le méritent pas et dégradent avec leur espoir les diplômes qu’ils tentent.

Nota bene : Toute coïncidence avec des faits ayant réellement existé serait à peine fortuite

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