Bon à attendre ? Episode 9 d’une chronique d’un service public en déclin

Une fois n’est pas coutume : un petit billet d’humeur(s) chez Foucart.com aujourd’hui !

Sur le présent site nous avons à huit reprises déjà égrainé quelques témoignages de ce que nous avons nommé la chronique d’un service public en déclin (mais au combien aimé !) : l’Université :

Et voici donc un rapide épisode 9 (et bien neuf hélas issu d’une histoire vécue). Évidemment pour respecter l’étudiant.e. intéressé.e. (même si l’étudiant.e. en question n’en avait pas), nous avons appliqué un anonymat à cette histoire quasi fictive.

L’histoire se déroule à l’Université Toussaint Ange Cotelle de Foucarville. Y enseigne, en droit constitutionnel ainsi qu’en droit institutionnel de l’Union Européenne, un enseignant-chercheur que l’on nommera Michel. Ce dernier a fait passer des oraux lors de la première session d’examens heureusement aidé pour ce faire de chargé.e.s d’enseignement dynamiques et compétent.e.s.

Une semaine ! Du lundi au vendredi ! Tous les jours de 8.30 à 18.00 ! Un plaisir pour les lombaires et les cervicales, un véritable marathon d’examens heureusement ponctué de belles réponses, parfois de fous-rires et souvent de respects. Le Lundi, justement était convoqué à 8.30 pour l’un des examens dont Michel était responsable, une étudiante que l’on nommera Brigitte. Pas de chance pour cette dernière, elle était souffrante lundi. Evidemment, elle n’a pas prévenu Michel de son indisponibilité (peut-être d’ailleurs – ce qui est possible – ne le pouvait-elle pas). Le mardi … non plus … Le mercredi ? pas davantage ! Le Jeudi ? nan ! Ce n’est que le vendredi à 17.30 une fois les examens terminés que Michel a été contacté par l’administration pour lui demander d’organiser une session de rattrapage pour Brigitte qui avait été empêchée (pour raison médicale) de composer.

Michel étant complaisant et voyant l’intérêt de l’étudiante a accepté ce qui ne lui était du reste pas imposé mais a bien voulu organiser un nouvel oral. Il a alors donné ses disponibilités à l’administration qui – transmettant à l’intéressée – a confirmé la présence de Brigitte dès le lundi suivant à 18.30 c’est-à-dire après une rude journée de labeurs (en cours, séminaires et réunions). Toutefois, au nom du service public, Michel a accepté de rester une heure de plus à l’Université afin de rendre ce service.

A 18.15 Michel était dans son bureau guettant l’étudiante et pensant que celle-ci serait naturellement en avance. Il voulait lui dire que ce n’était pas grave et qu’elle ne s’inquiète pas.

A 18.30 : personne !

A 18.40 : personne !

A 18.55 : personne !!!

A 19.00 , Michel est parti. Il a claqué la porte de son bureau et a commencé à regretter d’avoir une nouvelle fois été la poire de service.

Convoqué à 18.30 après une journée de travail ? il est venu.

En recours gracieux au nom de l’étudiante ? il a accepté !

Et là ! Non seulement Brigitte n’est jamais venue mais de surcroît elle ne s’en est (à cette heure) toujours ni manifesté ni même excusée !

Voilà que le principe de la con-vocation s’amplifie !

Non seulement les étudiant.e.s pensent que c’est l’enseignant (et non eux) qui est convoqué aux examens mais de surcroît ils peuvent même – sans conséquence manifestement – les faire se déplacer pour rien à leur demande expresse !

Qui sommes nous ? Des pions ? Des biens meubles ?

Résultats ? Michel refusera désormais toute demande de rattrapage d’examen. Merci Brigitte ! Grace à toi, tous tes collègues risquent d’être traités avec le  mépris par lequel tu as méprisé Michel. Tu peux être contente et tu sera sûrement la première à dire des professeurs qu’ils sont mauvais et jamais à ton écoute. Mais, Brigitte, si tu craches explicitement sur Michel, pourquoi continuerait-il à tendre la joue gauche ? Tu as de la chance, Michel est une bonne poire, il a juste maugréé et écrit un post anonyme sur Internet pour se défouler. Ah, et il me charge de te dire – si tu as le message – que le jour où il est resté une heure à t’attendre, il avait non pas mal mais TRES mal au dos. Tu as de la chance, il y croit encore, lui, au service public.

Heureusement il reste de bonnes nouvelles pour le service public académique paraît-il. Comme ? Ha non ! En fait non, on annonce la suppression du CNU qui est pourtant sûrement moins nocif qu’un recrutement local direct de principe.

Tiens, vivement la saisons des poires.

 

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